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Consultation en vue d’une grossesse : la consultation pré-conceptionnelle

Lorsque vous prévoyez une grossesse («planifiez» même) en arrêtant votre contraception, vous le faites souvent en fonction de données personnelles, matérielles, professionnelles ou même de calendrier. Pourquoi ne pas en parler aussi, à l’avance, au médecin qui assume votre surveillance gynécologique ou votre contraception ?

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 2002 a recommandé que les questions du tabac, d’alcool, de nutrition en rapport avec la grossesse soient envisagées avant la conception (voire pendant la scolarité). La Haute Autorité de santé a publié une recommandation professionnelle "préparation à la naissance et à la parentalité", téléchargeable sur www.has-sante.fr transposée ici pour vous et qui introduit la notion «d’orientation préconceptionnelle avant un projet de grossesse». Dans les milieux médicaux en France cette notion apparaît de plus en plus, et le Syngof la préconise.

Pourquoi cette consultation ?
Parce que c’est avant la grossesse que certaines dispositions doivent être prises en fonction de vos antécédents, qu’une éventuelle pathologie gynécologique doit être traitée, que certaines préventions doivent être entreprises, que d’éventuelles difficultés psychosociales doivent être repérées, et parce qu’il faut prévoir que dès le début de la grossesse certains examens devront être faits à des dates précises.
Nous vous conseillons vraiment fortement de faire cette consultation,
même si vous pensez que "tout va bien".
Elle s’impose vraiment dans certains cas :
  • Si vous avez une maladie chronique grave, comme : une hypertension, un diabète, une maladie thyroïdienne, cardiaque, rénale….
  • Si, à une grossesse précédente, vous avez eu une complication telle que : une hypertension, un accouchement prématuré, un enfant de faible poids…., car les statistiques montrent que toutes ces complications ont de fortes probabilités de se reproduire.
  • Si, à un accouchement précédent, vous avez eu une césarienne ou une hémorragie de la délivrance, ou une phlébite dans les suites…
  • Si vous avez des facteurs de risques personnels : adolescence ou plus de 35 ans, obésité ou maigreur, une dépendance nocive (tabac, attention au tabagisme passif ! alcool, drogues), mauvaises conditions socio-économiques.
  • Sans oublier les maladies héréditaires qui peuvent être connues, dans votre famille ou celle de votre conjoint.

Quand la faire ?

Evidemment à partir du moment où vous envisagez de devenir enceinte, c’est-à-dire bien à l’avance et non pas juste au moment où vous arrêtez votre contraception.
En effet, un certain temps pourra être nécessaire pour réaliser les examens à faire, les actes de prévention qui s’imposeront.

Comment se déroulera-t-elle ?

Le médecin vous interrogera donc sur votre mode de vie (travail, alimentation, automédication, tabac, alcool…), les maladies ou interventions que vous avez ou avez eues, les traitements que vous suivez, les grossesses à terme ou non, que vous avez pu avoir, les éventuelles maladies familiales. De cette «étude des antécédents» il pourra déjà déduire des éléments pouvant influer sur votre grossesse à venir.

N’hésitez pas à préparer cette consultation en notant ce que vous aurez à dire, et en apportant les résultats d’examens anciens que vous pouvez avoir.

Un examen gynécologique lui permettra, avec prise de la tension artérielle et du poids, de s’assurer que vous pouvez mener à bien une grossesse, dans les limites bien sûr d’un simple examen clinique, mais qui est bien suffisant le plus souvent.

Il pourra déjà vous faire faire, si vous ne les avez déjà, certains examens sanguins du début de grossesse.

En particulier, les sérologies de la toxoplasmose et de la rubéole faites avant la grossesse et prouvant l’immunisation, éviteraient bien des angoisses aux femmes dont les sérodiagnostics du premier trimestre sont difficiles à interpréter.

Finalement, il pourra tirer certaines conclusions, prendre certaines dispositions, vous donner des indications et des conseils.
Par exemple :
  • Réalisation de frottis de dépistage, si vous n’en avez pas eu dans les délais recommandés.
  • Vaccination contre la rubéole, si besoin est, sous couvert d’une nécessaire contraception orale.
  • Précautions d’hygiène vis-à-vis de la toxoplasmose si vous n’êtes pas protégée, et qui sont à commencer quand vous cessez votre contraception, car l’œuf peut être infesté très tôt.
  • Prise d’acide folique à commencer avant la conception (voir travail, congé prénatal, nutrition, médicaments, couple, loisirs).
  • Modifications éventuelles de votre mode de vie (profession, tabac, alcool, drogues…).
  • Evaluation de possibles facteurs de risques.
  • «Consultation préconceptionnelle» avec un spécialiste d’organe si vous avez une maladie qu’il faut évaluer et équilibrer avant le début de la grossesse, par exemple auprès d’un diabétologue si vous êtes diabétique.
  • Avis d’un généticien en cas de maladie héréditaire ou d’antécédents de malformations ou de handicaps, personnels ou familiaux.
  • Evocation d’un entretien individuel ou en couple et des organismes de soutien qui pourraient vous aider.
  • Incitation à consulter le plus tôt possible au début de la grossesse, en particulier pour vous fixer les dates très précises de la première échographie et des prélèvements sanguins pour les marqueurs sériques du dépistage de la trisomie 21 et pour toute analyse portant sur la réalisation d'un prélèvement en vue d'une ou plusieurs analyses en vue d'un diagnostic prénatal in utéro, la patiente et son médecin doivent prendre connaissance et signer d'un commun accord le document de consentement éclairé selon le texte contenu dans l'arrêté du 19 février 2010 et publié au Journal Officiel du 12 mars 2010. Ce texte est relatif à l'information, à la demande et au consentement de la femme enceinte avant la réalisation des prélèvements sanguins pour le dosage des marqueurs sériques maternels, la réalisation de prélèvement de liquide amniotique, des biopsies de villosités choriales, de prélèvement de sang foetal et des analyses en vue d'établir un diagnostic prénatal in utéro en référence aux articles R 2131-1 du Code de la Santé publique ; et aussi pour vous orienter sans attendre vers un spécialiste en gynécologie ou en gynécologie-obstétrique si votre grossesse comporte des «facteurs de risques», ou vers un soutien psychosocial si vous en avez besoin.

Un entretien au 1er trimestre pour vous initier à la parentalité

Plus question d’attendre le congé maternité pour entamer votre préparation à la naissance. Plus question non plus de résumer le sujet à la prise en charge de la douleur. La naissance, et bien plus encore le statut de parent, sont des sujets qui nécessitent un apprentissage qui se doit de débuter le plus tôt possible.

Dans cette optique, à partir de 2006, un entretien précoce individuel ou en couple est prévu au cours du 1er trimestre si vous en ressentez le besoin (sinon, il peut avoir lieu plus tard). Parlez-en à votre professionnel de santé au moment du diagnostic de grossesse.
Cet entretien individuel ou en couple marque le point de départ des cours de préparation à la naissance (qui compte 8 séances en tout, dont il fait partie).

Il ne remplace pas vos consultations médicales mais vient en complément. Il a pour but d’éviter les troubles du développement psychoaffectif de l’enfant en améliorant la sécurité émotionnelle de vous, parents. Une bonne relation avec l’équipe soignante favorise cette sécurité émotionnelle ainsi que les liens ultérieurs entre les parents et leur enfant.
Il doit vous permettre :
  • D’exprimer vos attentes, vos besoins d’information, d’éducation, de prévention ainsi que votre projet de naissance.
  • De signaler une situation de vulnérabilité, de problèmes affectifs ou de violences conjugales.
  • D’être informée des ressources disponibles près de chez vous.
  • De pouvoir compter sur les différents partenaires du réseau périnatal.
Pour les professionnels de la naissance, il s’agit de recueillir vos angoisses, d’évaluer votre santé psychosociale afin d’envisager des interventions adaptées en relation avec le médecin traitant, les sages-femmes, la PMI, les services sociaux, un psychologue…
Par ailleurs, cet entretien préfigure le contenu de la préparation à la naissance à venir.

Il permet ainsi de :
  • Vous présenter le dispositif de suivi de la grossesse (et notamment les différentes séances de la préparation à la naissance, leur articulation avec les consultations médicales) - pour ce qui concerne les grossesses gémellaires, le protocole est différent selon qu'il s'agit d'une grossesse gémellaire mono-choriale ou bi-choriale.
  • Vous expliquer le rôle de chaque intervenant dans cette prise en charge.
  • Anticiper les difficultés que vous pourriez rencontrer (médicales, psychologiques ou sociales) et vous orienter le cas échéant vers les bonnes structures.
  • Vous informer de certains comportements à risques et vous fournir des conseils d’hygiène de vie (tabac, alcool et drogue notamment).
  • Vous inviter à participer aux séances de préparation à la naissance et vous présenter les compétences parentales à acquérir avant la "consultation en vue d'une grossesse".
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Mise en ligne : 16 novembre 2006


09/09/2010
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