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Actualites > Programme PRADO : les gynécologues médicaux et les obstétriciens contestent leur retrait progressif du suivi gynécologique des femmes (Communiqué de presse)
Après la signature d’un accord entre la CNAM et les sages-femmes, les gynécologues et obstétriciens prennent aujourd’hui la parole pour rappeler les principes fondamentaux du suivi médical des femmes tout au long de leur vie et durant leur grossesse.
Le lobbying actuel stigmatisant une "hypermédicalisation" de la grossesse est mensonger
Les femmes le savent et jugent la prise en charge actuelle ni trop ni trop peu médicalisée. Ainsi, les études les plus récentes de satisfaction des usagers[1] montrent que
"la plupart des mamans (80%) trouvent que la grossesse n’a été ni surmédicalisée, ni sous médicalisée mais adaptée à ce qu’elles souhaitent” ; “en moyenne, 81% des femmes interrogées “estiment le suivi” ni trop médicalisé, ni trop contraignant, et trouvent qu’il leur permet de vivre leur grossesse naturellement (source Ipsos)”.
Cela ne dispense pas de chercher à mieux répondre aux attentes, mais rend calomnieuse la critique constante de surmédicalisation et/ou son exploitation à visée strictement économique qui met en jeu l’éthique médicale.
La compétence des sages-femmes dans le suivi de la grossesse physiologique ne prête bien sûr à aucune discussion. Il existe en revanche un glissement de la reconnaissance de cette compétence vers une obligation qui serait faite aux femmes de s’adresser exclusivement aux sages-femmes ; les gynécologues médicaux et obstétriciens ont pour vocation de garantir aux femmes les conditions d’un accouchement dans la plus grande sécurité et sérénité. Leur implication humaine et médicale dans le suivi d’une grossesse ne saurait être remis en question.
Dispositif PRADO : une source d’économie contestable et préjudiciable au réseau de périnatalité
Les gynécologues médicaux et obstétriciens dénoncent la mise en place de sorties précoces de maternité en contrepartie d'un accompagnement à domicile par des sages-femmes libérales et protestent contre la généralisation du PRADO malgré des retours négatifs.
Ils demandent le respect des réseaux de périnatalité (sages-femmes, médecins généralistes, gynécologues médicaux et obstétriciens, pédiatres, PMI). Le travail en réseau est intégré, et son intérêt reconnu par tous : tous les professionnels de la naissance soutiennent le principe de repérage médical précoce et d’intervention auprès des mères et des nouveau-nés à risque (CNN, doc. n°7).
Le suivi gynécologique : une compétence non substituable
Les sages-femmes ont un rôle parfaitement respecté et reconnu dans le suivi physiologique des femmes enceintes, pour lequel les gynécologues sont également humainement et médicalement compétents.
Néanmoins, les sages-femmes n’ont pas toutes les compétences des gynécologues médicaux et des obstétriciens. Elles, ou ils, comme dans toute l’Europe, n’ont pas eu de formation pour le suivi médical des femmes tout au long de la vie.
Les gynécologues médicaux et les obstétriciens ont une formation de spécialisation après les études médicales, garante des compétences indispensables au suivi médical des femmes et au dépistage de la pathologie. Les études des sages-femmes sont essentiellement axées sur la grossesse et l’accouchement physiologique ainsi que la pratique d’actes techniques et la prescription de la contraception chez les femmes en bonne santé.
Substituer les sages-femmes aux gynécologues médicaux revient à limiter le suivi des femmes à leur périnée, leur contraception et leur frottis. En occultant tout le suivi médical global et indispensable à la santé des femmes (recherche et traitement de pathologies, dépistage de cancer hors dépistages organisés, prise en charge de toutes IST…), ce dispositif aboutit à une régression des soins.
L’accord entre la CNAM et les sages-femmes jette le flou sur la nature du suivi médical des femmes. Nous appelons à la concertation avec tous les professionnels concernés : sages femmes, pédiatres, médecins généralistes, gynécologues médicaux, gynécologues obstétriciens et Assurance Maladie pour garantir aux patientes une organisation cohérente et pérenne de leur suivi médical.
[1] DRESS sept. 2008, doc. n°2 ; CNGOF/CNSF/COSF Ipsos 2010, doc. n°3 ; Magic maman 2011, doc. n°4
Contact presse :
Emeline Barbé – 06 87 76 17 23 –
emeline@eb-conseil.net