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3ème partie
: Les MST d'étiologie virale |
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Par
P. BERNARD
C. LIOUX ,
V. CHAREYRE
M. SHARAF
M. AYOUB |
L'herpès (H.S.V.)
1 - Lenquête prospective effectuée sur la région Rhône-Alpes à loccasion du IIIème Forum Interdisciplinaire sur les herpès viridés a démontré la forte prévalence des infections herpétiques avec les 490 nouveaux cas pour 100 000/an. La transmission de ce virus se fait par voie sexuelle ou à loccasion de rapports orogénitaux. La transmission de la mère à lenfant lors de laccouchement est très connue et impose en phase éruptive une opération césarienne. Le diagnostic virologique repose sur:
1 - Lisolement viral, technique de référence, indispensable pour les études in vitro de pathogénie et de sensibilité aux anti-viraux ;
2 - La visualisation de particules virales en microscopie électronique ;
3 - La détection de composants viraux, antigènes par immunohistochimie ou acide nucléique par hybridation moléculaire et PCR.
La PCR ADN du virus HSV consiste à amplifier un fragment de génome viral, dont la taille totale est de 152 000 pb. Cette technique est intéressante car elle est rapide, sensible, spécifique et peut seffectuer sur des prélèvements conservés depuis longtemps. Elle permet de plus lanalyse moléculaire du fragment amplifié, autorisant déventuelles études épidémiologiques ou portant sur la résistance aux antiviraux. Le traitement le plus utilisé actuellement est le VALACYCLOVIR (ZELITREX) dans le cas de lésions génitales éruptives avec présence de vésicules, la vulve, le vagin ou le col utérin avec confirmation de la présence du virus Herpès simplex, et nécessitera un traitement de VALACYCLOVIR à raison de 1 comprimé à 500 mg 2 fois/jour pendant 10 jours, lors du premier épisode ; puis 2 comprimés à 500 mg par jour en 1 ou 2 prises pendant 5 jours lors des récurrences. La prévention des infections génitales récidivantes à virus herpès simplex peut être entreprise avec 1 comprimé par jour (500 mg) de VALACYCLOVIR en 1 ou 2 prises et en cas déchec, après administration dune prise unique de 500 mg par jour ou en cas de récurrence fréquente ou très symptomatique, le fractionnement en 2 prises (250 mg par 2 par jour) a permis dobtenir de meilleurs résultats. La poursuite du traitement et la réévaluation de lintérêt du traitement sera faite après 6 à 12 mois de traitement.
Si les anti-viraux ont trouvé une place certaine dans la prise en charge de lherpès génital, ils nont pas réussi à enrayer la pandémie dHSV2. Tout dabord, la majorité des contaminations seffectue à partir de sujets ne se sachant même pas infectés et donc inaccessibles à toute modalité préventive et spécifique. Ensuite, si lon sait que le traitement curatif dune poussée par la CYCLOVIR ou mieux le VALACYCLOVIR, va raccourcir la durée de lexpression virale, ce traitement ne réglera pas la fréquence de ces récurrences, symptomatiques ou non. Enfin, les antiviraux pris en traitement continu sont capables de réduire la fréquence des récurrences symptomatiques, mais ne suffisent pas à faire disparaître totalement toute expression virale asymptomatique. Là encore, la question du caractère infectant de cette expression reste posée, et des études mesurant limpact réel de ce traitement continu sur le taux de contamination des partenaires de sujet infecté sont hautement souhaitables.
Les infections génitales à papillomavirus

Depuis la mise en place du dépistage systématique des infections à papillomavirus par la cytologie dune part et par le typage viral dautre part, nous connaissons les aspects lésionnels provoqués par les papillomavirus oncogènes.
Les lésions du col de lutérus :

Les modalités thérapeutiques dépendent essentiellement du degré de gravité des néoplasies intra-épithéliales.
Pour les néoplasies intra-épithéliales de bas grade (CIN1) associées à des lésions condylomateuses, lindication est celle dune vaporisation LASER CO2, à une profondeur de 5 mm passant au moins à 3 mm au-delà des lésions reconnues à lexamen colposcopique.
Pour les CIN2, les CIN3, les cancers in-situ du col de lutérus associés à des lésions condylomateuses, lindication est celle dune conisation. Des coupes sériées du conisat permettent de sassurer que la résection a été effectuée in-sano, et de rechercher lassociation éventuelle avec des lésions micro-invasives.
En cas dexistence de lésions micro-invasives : le traitement conservateur pourra être maintenu à condition quil nexiste aucun facteur de risque clinique, ou anatomo-pathologie.
Les lésions du col de lutérus et du vagin : 
Lextension de lésions condylomateuses au col de lutérus et aux culs-de-sac vaginaux, ou au tiers moyen ou inférieur du vagin nécessite la reconnaissance de ces lésions par le test de SCHILLER.
A lidentification, biopsie, en labsence de lésions invasives, lindication est celle dune vaporisation LASER CO2 sous anesthésie générale.
Comme dans le cas précédent, un frottis de contrôle sera effectué à 6 mois, puis ensuite une surveillance annuelle par frottis.
Les lésions du col de lutérus, du vagin, de la vulve, du canal anal : 
Les modalités thérapeutiques dépendent :
- des localisations anatomiques
- de lindice de surface lésionnelle (ISL)
- du nombre de rechutes post-thérapeutiques
En ce qui concerne les lésions cervicales et les lésions du vagin, les modalités thérapeutiques sont identiques à celles proposées au chapitre précédent.
Pour les lésions condylomateuses de la vulve, du périnée, et du canal anal, les modalités thérapeutiques ont beaucoup évolué au cours de ces dernières années. En effet, il est possible à lheure actuelle de recourir directement au traitement médical par lutilisation de lIMIQUIMOD sous la forme dune pommade dénommée ALDARA 5% des laboratoires 3M. Les applications nocturnes, tous les deux jours, permettent dobtenir la disparition complète des lésions condylomateuses de la vulve, à indice de surface lésionnelle élevé (supérieur à 20 mm2). Les applications peuvent être dune durée de 8 heures, tous les deux jours, pendant une durée de 6 à 10 semaines. Les résultats obtenus sont très encourageants puisque dans 80% des cas, la guérison complète est obtenue et se maintient comme lont démontré les travaux présentés lors des 5ème assises de la Société de gynécologie-pathologie à Grenoble par les Professeurs REYTHMEYER (Nancy) et LAURENT (Besançon)(2).
LALDARA 5% est très bien toléré et ses modalités daction sont très particulières, puisquil ne sagit pas dune chimiothérapie locale, mais dune immunothérapie permettant la production locale dinterférons alpha et de renforcer les moyens de défense régionaux pour faire disparaître lintégration de lADN viral dans les cellules épithéliales.
Les traitements destructeurs seront réservés aux lésions condylomateuses très étendues et résistantes au traitement médical dune part, aux lésions condylomateuses très proliférantes et exophytiques au cours de la grossesse.
Les lésions multicentriques sont fréquentes dans un peu plus de 40% des observations, elles ont deux localisations préférentielles et dans 6% jusquà cinq localisations : le col utérin, le vagin, la vulve, le périnée et lanus. Plus fréquemment, les lésions multicentriques retrouvent des lésions du col utérin à type de néoplasie intra-épithéliale de haut grade (CIN 3).
Une immunodépression doit être recherchée systématiquement par la sérologie HIV et la numération de CD4.
Le col est latteinte la plus constante en cas de multicentricité ; ainsi en cas de lésion vulvaire ou vaginale ou anale, cest le col qui est le 2ème site le plus souvent atteint. Il est donc essentiel à chaque fois quune lésion HPV est mise en évidence sur lanus, la vulve ou le vagin, de faire un examen du col au spéculum et une colposcopie pour préciser quelles sont les types de lésions. En cas de lésions constatées, la biopsie de la lésion est indispensable pour préciser le grade et envisager un traitement adapté. Dans ces lésions diffuses, il est souhaitable que des traitements destructeurs en un temps soient effectués sous anesthésie générale, sans oublier le site anal et une exploration du canal anal. Il est possible dutiliser lALDARA 5% dans les suites du traitement destructeur.
Le traitement des infections à papillomavirus est fondé sur le diagnostic précis initial des lésions cervicales et la juste appréciation de la diffusion infectieuse sur le vagin, les structures vulvaires et la région anale.
Pendant la grossesse, le seul traitement médical admis consiste en lapplication locale dacide trichloracétique.
En ce qui concerne le partenaire, à lheure actuelle, il est parfaitement admis après la péniscopie de lui proposer pour les condylomes génitaux, un traitement médical à laide de la pommade ALDARA 5%. Il sagit dapplication de 8 heures, tous les deux jours pendant 4 à 10 semaines, jusquà disparition complète des lésions condylomateuses.
Les récidives de lésions condylomateuses de la vulve du périnée et du canal anal seront traitées par un traitement destructeur LAZER CO2 suivi, une semaine après cicatrisation dapplication locale dALDARA 5% pendant 6 semaines.
La qualité des résultats obtenus grâce aux traitements médicaux locaux avec ALDARA 5% permet à lheure actuelle denvisager léradication des liaisons condylomateuses vulvo-périnéales uniquement par le traitement médical.
N.B. : Les modalités daction de lALDARA 5% en renforçant les moyens immunitaires locaux-régionaux représentent indiscutablement un grand progrès par rapport aux autres traitements médicamenteux. CONDYLINE et lEFUDIX, ont une action destructrice chiomiothérapique limitées aux points dapplication.
La conclusion pour le traitement des lésions à HPV, lIMIQUIMOD en application locale (ALDARA 5%) est issue de la recherche 3M Pharmaceuticals, la crème ALDARA 5 % constitue un progrès majeur dans la prise en charge de première intention des condylomes anogénitaux externes. LIMIQUIMOD, principe actif de lALDARA 5% crème appartient à une nouvelle famille de thérapeutiques qui possède un mécanisme daction originale. LIMIQUIMOD est un modificateur de la réponse immunitaire : il stimule limmunité cellulaire locale et induit la production dinterféron µ et dautres cytokines. Il active les cellules dendritiques des voies lymphatiques, les cellules T sont activées et produisent les cytokines. LIMIQUIMOD active donc les monocytes, les macrophages et les cellules dendritiques pour produire de linterféron et des cytokines.
En plus de son action anti-tumorale, ALDARA 5% crème diminue la charge virale de lHPV, ce qui explique son efficacité sur les lésions condylomateuses et leur récidive. ALDARA 5% est bien tolérée, ses effets indésirables les plus fréquents étant des réactions cutanées locales pouvant être imputées à son mécanisme daction. Une application par le patient au moment du coucher 3 fois/semaine jusquà disparition des lésions sans dépasser 16 semaines de traitement.
Pour le traitement du partenaire, il est proposé, 6 semaines de traitement en cas de lésions condylomateuses visibles. Les risques de récidive après traitement avec lALDARA 5%, en traitement exclusif est de lordre de 10%.
Le virus HIV 
La transmission sexuelle des infections HIV est connue pour les homosexuels mais aussi pour les hétérosexuels dont les pratiques sexuelles à risques sont parfaitement identifiées :
- Rapports non protégés
- Rapports en période menstruelle
- Sodomie
- Partenaires multiples
- Rupture de préservatif
- Voyage ou rapport avec des femmes originaires des zones à forte séroprévalence du VIH, principalement dAfrique de lOuest
En ce qui concerne la transmission du VIH deux situations nous paraissent particulièrement importantes ; lune concerne le suivi des patientes ayant subi une agression sexuelle et lautre le suivi de la grossesse dune femme séropositive.
Lorsquil sagit dune victime présumée dagression sexuelle ayant subi des rapports sans préservatif. Les recommandations actuelles sont de pouvoir connaître le plus rapidement possible le statut sérologique de lagresseur, ainsi que le statut sérologique de la victime.
Dans tous les cas, dans lattente du statut sérologique de lagresseur, il convient de mettre en route un traitement anti-VIH qui sera maintenu jusquà la connaissance de la négativité du statut sérologique de lagresseur.
Si le statut sérologique de lagresseur est inconnu et quil y a un risque plus important de transmission (rapport anal, rapport vaginal, victime apparemment vierge, période menstruelle). Une tri-thérapie est conseillée en labsence de contre-indication :
- RETROVIR 250 mg, 1 gél. matin et soir
- EPIVIR 150 mg, 1 cp matin et soir
- CRIXIVAN, 2 cp 3 fois/j à distance des repas et avec une diurèse abondante.
Si le statut sérologique de lagresseur est inconnu et quil y a un risque moindre de contamination : rapport orogénital, certitude de labsence déjaculation
ou dans certains cas particuliers, lorsquil sagit dune femme enceinte ou dune femme allaitante ou encore dune mineure de moins de 16 ans, une bithérapie est conseillée :
- RETROVIR 250 mg, 2 gél. matin et soir
- EPIVIR 150 mg, 1 cp matin et soir
Si lagresseur est connu comme séropositif, et la victime comme séronégative, il convient dadresser la victime dans un service des maladies infectieuses spécialisé dans le traitement des maladies des infections VIH. Dans tous les cas au bout de 48 heures de prescription thérapeutique, la patiente devra consulter un centre spécialisé dans le traitement des infections au VIH.
Dans tous les cas de traitements anti-rétroviral le contrôle de la sérologie VIH un mois après larrêt du traitement soit deux mois après lagression sera effectué si la victime a pris son traitement pendant un mois.
Lorsquil sagit dune femme enceinte il y a un risque de contamination au VIH en raison de rapport non protégé avec un partenaire séropositif, lui proposer pendant deux mois un traitement par RETROVIR et EPIVIR et un contrôle sérologique terme du traitement et en cas de séroconversion il sera poursuivi jusquau 8ème mois, puis une trithérapie maintenue pendant la fin de la grossesse et au-delà.
Nous pouvons conclure quà lheure actuelle la transmission des virus par voie sexuelle reste en beaucoup de points énigmatique. Pourquoi certains couples nont-ils pas un risque de transmission du virus de lherpès ou du virus HPV ? Lhypothèse actuelle serait que seule une partie de la population du fait de son âge et de sa susceptibilité génétique puisse être contaminée. Et plus importante recommandation, en ce qui concerne le risque de transmission virale, lutilisation des préservatifs quils soient masculins ou féminins lorsque lon connaît la positivité de latteinte virale dun partenaire.
Sur le plan thérapeutique nous attendons encore beaucoup de la mise au point des médicaments immuno-modulateurs fondés sur le plan thérapeutique comme lALDARA 5% qui permet un renforcement des moyens immunitaires loco-régionaux.
Lavenir est indiscutablement à la mise au point de ce traitement pour limiter le nombre des récidives, et réduire les effets secondaires.
Le virus de lhépatite C 
La transmission de lhépatite C peut se faire par voie sexuelle, en particulier lorsquun des partenaires est porteur du virus ou en cas de signes cliniques. Il convient de pratiquer régulièrement des sérologies au partenaire sain car il existe maintenant un traitement spécifique de la phase aiguë de lhépatite C par linterféron µ, avec un taux de succés de 98%.
Récemment dans une série de 44 patients souffrant dune hépatite C aigüe, un traitement par injection quotidienne dinterféron µ 2b pendant 4 semaines suivi ensuite de 3 injections par semaine, dans 42 cas (98%) les patients ont présenté une guérison virologique.
La grande difficulté est de faire le diagnostic au cours de la phase aiguë de la maladie. Lidée est maintenant bien établie de lintérêt du dépistage de lhépatite C chez les patients à risque élevé sans négliger la contamination par la voie sexuelle.
Bibliographie 
1 - TYRING S.K., 1 al. : J. Infect. Dis., 1998 ; 178 : 551-5.
2 - LAURENT R. : Infection génitale à papillomavirus. Rev. Prat. 1996 ; 46 : 1961-8.
3 - Compte-rendu du IIIème Forum Interdisciplinaire sur les herpesviridae, éd., Malad. Infect. 1998 ; 28 : 979-92.
4 - WORTLEY P.M. FLEMMING P.L, AIDS in women in the United States. Jama, 1997 ; 278 : 911-16
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